mardi 9 septembre 2014

Avis à mon exécuteur - Romain Slocombe



























Robert Laffont, 2014, 495 pages


La première phrase :

Dans la soirée du dimanche 9 février 1941 à Washington, un petit homme brun et nerveux qui paraissait âgé d'une cinquantaine d'années franchit précipitamment le seuil de l'hôtel Bellevue, 15 E Street NW, un établissement de deuxième catégorie situé à proximité de la gare centrale, et demanda à l'employé de la réception une chambre pour la nuit.

L'histoire :

Washington, 1941. Victor G. Krebnitsky, ancien agent du renseignement soviétique passé à l'ouest, est retrouvé "suicidé" dans sa chambre d'hôtel. Il laisse derrière lui un manuscrit en forme de témoignage, "Le grand mensonge", qui sera retrouvé bien des années plus tard au fond d'une poubelle, pour finalement tomber entre les mains d'un traducteur. Ce dernier entreprend alors de retranscrire le récit du transfuge communiste, qui se souvient de ses années d'engagement au sein des services secrets russes, dans un monde en pleine évolution. Victor Krebnitsky, ou comment l'idéalisme d'un jeune Juif de Galicie dévoué à la cause du Parti se métamorphose progressivement en horreur et en incrédulité devant la déchéance morale du régime stalinien...


L'opinion de Miss Léo :

J'étais impatiente de lire ce roman, reçu en SP au début de l'été. Avis à mon exécuteur n'est pas tout à fait du niveau de Monsieur le Commandant (qui fut l'un de mes coups de coeur du printemps dernier), mais se révèle néanmoins époustouflant à bien des égards. Romain Slocombe confirme son statut d'écrivain virtuose, et nous invite à une plongée hallucinante au coeur des services secrets soviétiques. Bienvenue dans le petit monde de la Tchéka, du GPou et du NKVD !

L'ouvrage se situe à mi-chemin entre le roman et le documentaire. Après la fausse lettre de Paul-Jean Husson dans Monsieur le Commandant, voici le faux témoignage de Victor Krebnistky, ancien agent repenti. Son livre, retrouvé et retranscrit plusieurs dizaines d'années après sa mort par un mystérieux traducteur, constitue une sorte de roman dans le roman, qui revient avec rigueur et méthode sur les plus sombres années du communisme triomphant. Le style est froid, mécanique, à mille lieues du lyrisme ampoulé de l'Académicien Husson : Romain Slocombe se glisse avec aisance dans la peau de ce nouveau personnage, qui rédige ses mémoires dans le but de révéler au monde entier l'ampleur du mensonge stalinien. 

Le texte est dense, et je dois reconnaître que la lecture en est particulièrement ardue pendant les deux-cents premières pages, qui abordent la question du rôle peu reluisant joué par les Russes lors de la Guerre d'Espagne. Il ne s'agit pas, loin s'en faut, de mon sujet de prédilection : allez savoir pourquoi, voici un pan de l'histoire du XXème siècle auquel je n'ai jamais réussi à m'intéresser. J'ai donc été quelque peu refroidie par cette première partie, dans laquelle le récit se résume souvent à une énumération de faits, de noms propres et de sigles, directement issus des souvenirs de Krebnitsky. Cela nécessite de la concentration, et mieux vaut éviter une lecture trop décousue, afin de ne pas perdre le fil ! Je tiens tout de même à préciser que cette partie n'est pas inintéressante, puisqu'elle nous éclaire sur les méthodes des services secrets à l'étranger, tout en nous présentant des personnages clés, évidemment voués à disparaître avant la fin du roman.

Je me suis accrochée, et j'ai bien fait, puisque j'ai été davantage séduite par la deuxième moitié du récit, que j'ai trouvée extraordinaire. Slocombe place son narrateur dans une situation délicate, et retrouve par la même occasion le souffle romanesque qui faisait la force de Monsieur le CommandantVictor est le témoin "privilégié" des dérives de la politique stalinienne, et se voit confronté à des choix difficiles : l'agent juif idéaliste, entré dans les service secrets par idéologie, se transforme peu à peu en meurtrier, au service de la folie destructrice et paranoïaque de Staline et Iéjov (qui en prennent pour leur grade sous la plume du transfuge soviétique).

"Je baissai la tête, accablé. Que représentait-elle désormais, l'époque exaltante où mon "frère" et moi, sous les plis du drapeau rouge, étions à la fois des diables et des dieux ? A quoi avions-nous abouti ? Etions-nous encore aujourd'hui du côté des innocents, ou de celui des bourreaux ?" (page 339)

Les purges du printemps 1937 ciblent prioritairement les trotskistes et les cadres de l'Armée Rouge, et les "ennemis" imaginaires du régime finissent inévitablement dans une cellule de la lioubanska, dont il y a fort à parier qu'ils ne sortiront pas indemnes. Krebnitsky décrit méticuleusement les mécanismes de la Terreur, et assiste impuissant à la déchéance subite de ses amis d'autrefois, tout en voyant sa propre situation se fragiliser de jour en jour. Avis à mon exécuteur met en lumière l'absurdité et l'hypocrisie de ce système, et montre comment l'euphorie de la Révolution se transforme peu à peu en cauchemar, broyant l'individu au mépris de toute rationalité. Victor payera au prix fort les conséquences d'une lucidité et d'une clairvoyance chèrement acquises, qui contribueront à faire de ce personnage discret un véritable héros de tragédie, constamment obsédé par le sort de sa famille (c'est là tout l'enjeu dramatique du dernier tiers de ce fascinant récit).

Le contexte historique est évidemment passionnant : le roman invite notamment à réfléchir à l'impact de la politique stalinienne sur le déroulement de la future Guerre Mondiale, et il est beaucoup question du Pacte de Non Agression, ainsi que du rôle joué par les agents communistes infiltrés à l'étranger. La reconstitution méticuleuse du fonctionnement des différents organes de renseignement russes repose quant à elle sur une impressionnante bibliographie (six pages de références diverses et variées, qui m'ont vous vous en doutez mis l'eau à la bouche).

Avis à mon exécuteur est un roman foisonnant, mais difficile d'accès. Il ne s'agit pas d'un texte "grand public", et la narration très "technique" risque de rebuter certains lecteurs, d'autant plus que l'émotion (pourtant bien réelle) ne survient que tardivement. Je sais que certaines l'ont abandonné en cours de route... Personnellement, j'ai adoré, à tel point que je l'ai lu en seulement trois jours.  J'ai donc bien envie de le recommander et de le défendre, tout en ayant conscience qu'il ne plaira probablement pas à tout le monde.

Un dernier conseil : ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, qui donne un mauvais aperçu du contenu réel du roman (on s'attend à un thriller d'espionnage, ce qui n'est pas du tout le cas).


Un récit captivant, en grande partie basé sur des faits réels.


Merci infiniment à Cécile, des éditions Robert Laffont.


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Voici un nouveau Pavé de septembre pour Bianca.


dimanche 7 septembre 2014

Les derniers jours du Paradis - Robert Charles Wilson




























Titre original : Burning Paradise
Traduction (anglais) : Gilles Goullet
Denoël, Collection Lunes d'encre, 2013, 2014, 344 pages


La première phrase :

Tout se serait peut-être ensuite passé d'une autre manière et peut-être ne se serait-il rien passé du tout, si Cassie avait réussi à dormir cette nuit là.


L'histoire :
(je suis grave en retard dans la rédaction de mes chroniques, donc je pique le résumé de la quatrième de couverture)

Alors que l'Amérique se prépare à fêter les cent ans de l'Armistice de 1914, un siècle de paix mondiale, d'avancées sociales et de prospérité, Cassie n'arrive pas à dormir. Au milieu de la nuit, elle se lève et va regarder par la fenêtre. Elle remarque alors dans la rue un homme étrange qui l'observe longtemps, traverse la chaussée... et se fait écraser par un conducteur ivre. L'état du cadavre confirme ses craintes : la victime n'est pas un homme mais un des simulacres de l'Hypercolonie, sans doute venu pour les tuer, son petit frère et elle. Encore traumatisée par l'assassinat de ses parents, victimes sept ans plus tôt des simulacres, Cassie n'a pas d'autre solution que de fuir.


L'opinion de Miss Léo :

Il ne vous aura sans doute pas échappé que je commence à prendre goût à la SF, après avoir nourri pendant des années un certain nombre de préjugés vis à vis de ce genre avec lequel j'entretenais jusque là des relations pour le moins conflictuelles. J'essaye de combler peu à peu mes lacunes, et j'ai cette fois profité d'un partenariat avec les éditions Denoël pour découvrir le romancier canadien Robert Charles Wilson, auteur de plusieurs ouvrages salués par les critiques.

J'ai dans un premier temps été séduite par le contexte uchronique de ce roman, qui se déroule dans un XXIème siècle alternatif, en apparence très proche du nôtre. En apparence seulement : épargnée par les guerres et les conflits majeurs, l'humanité vit en paix depuis cent ans, et doit cette relative prospérité à la présence autour de notre planète d'une mystérieuse entité biologique extra-terrestre, qui contrôle l'ensemble des transmissions radio émises depuis la Terre. L'Hypercolonie (ainsi que l'ont baptisée les scientifiques) infiltre la société par le biais de simulacres plus vrais que nature, et tire profit de la relation symbiotique qu'elle entretient avec les activités humaines. Seuls quelques centaines d'individus réunis au sein d'une organisation confidentielle, la Correspondence Society, semblent toutefois avoir conscience de son impact sur le devenir des peuples.

J'ai aimé découvrir par petites touches (trop) subtiles les caractéristiques de ce monde apaisé, dans lequel la Société des Nations continue d'exercer son rôle d'arbitre en 2014, et dont les technologies semblent pour l'essentiel moins évoluées que les nôtres. Les ordinateurs modernes et les armes nucléaires n'ont jamais vu le jour, et les télécommunications sont facilitées par la présence de la couche radio-réflective de l'atmosphère, rendant de ce fait inutile la construction de câbles de transmission ou d'antennes-relais. La sérénité de la vie sur Terre semble toutefois menacée par le comportement inquiétant des simulacres envoyés par l'Hypercolonie, qui semblent vouloir anéantir les membres de la Society.

Le concept était prometteur, et le début du roman plutôt accrocheur : on rentre tout de suite dans le vif du sujet, le style simple et imagé de Robert Charles Wilson se révélant plutôtefficace dans les premiers chapitres. La suite n'est malheureusement pas à la hauteur, et l'ouvrage s'essouffle rapidement. L'auteur finit par tourner en rond, visiblement peu inspiré par une intrigue terne et sans consistance. Celle-ci m'a par ailleurs semblé très répétitive, aussi bien dans la forme que dans le fond ; les personnages sont dans l'ensemble assez creux, et passent les trois quarts du livre à se remémorer des événements survenus sept ans auparavant, ou à faire le point sur leur maigres connaissances (oui, l'Hypercolonie est intelligente, non, elle n'a pas de sentiments ni de conscience, oui, ça sent le roussi pour les membres de la Society ayant survécu au massacre de 2007). Le roman souffre d'un manque de rythme flagrant, ce qui finit par générer un certain ennui (probablement dû au fait que l'essentiel de l'action se résume à d'interminables trajets en voiture à travers les Etats-Unis). Les rebondissements sont peu nombreux, et ne parviennent pas à surprendre le lecteur. J'ai pour ma part été déçue que l'auteur ne développe pas davantage la description et l'Histoire du monde alternatif créé pour les besoins de l'intrigue (l'aspect uchronique me paraît totalement sous-exploité). J'aurais aimé en savoir plus sur le pourquoi du comment, et je regrette que Robert Charles Wilson se soit contenté d'effleurer des thématiques dont le traitement approfondi aurait pu donner lieu à de passionnantes digressions. J'ai également eu la sensation que ce roman se voulait "tout public", perdant par la même en densité et en profondeur.

Les personnages principaux (jeunes et moins jeunes) sont sympathiques pour la plupart, mais leur caractère est esquissé de façon bien trop superficielle pour que l'on puisse ressentir une quelconque empathie. J'ai cependant trouvé que la tante Nerissa se démarquait des autres protagonistes : ses réactions se révèlent finalement bien plus humaines et crédibles que celles de ses comparses. J'ai également aimé les nombreuses références à l'entomologie, l'organisation de l'Hypercolonie étant comparée à celle d'une ruche ou d'une fourmilière. Les derniers jours du Paradis aborde par ailleurs des questions intéressantes sur le libre-arbitre et la violence intrinsèque de l'être humain, qui auraient sans doute mérité d'être mieux exploitées.

Pour résumer : je ressors de cette lecture avec un sentiment mitigé. Robert Charles Wilson signe une uchronie distrayante, qui me semble toutefois manquer d'ambition. Les idées de base sont pleines de potentiel, mais très insuffisamment développées à mon goût, et l'intrigue souffre de quelques longueurs. Le dénouement est quant à lui trop rapide pour être totalement satisfaisant. J'ai lu de nombreuses critiques en demi-teinte de ce roman, qui ne semble pas être le meilleur de l'auteur (ce sont les fans qui le disent).

Petit détail sans importance pour terminer : la quatrième de couverture fait référence au Village des Damnés, ce qui me paraît totalement tiré par les cheveux (j'y vois surtout l'opportunité pour l'éditeur de faire la publicité d'un autre titre paru dans la même collection).


Un roman de SF aux thématiques prometteuses, dont le manque de rythme et d'ambition se révèle toutefois hautement préjudiciable. Frustrant !


Merci à Dana, des éditions Denoël (je suis relativement déçue par ce titre, mais cela ne m'empêchera pas de tenter d'autres romans de l'auteur, dont j'ai tout de même apprécié le style et les idées).

D'autres avis chez : Aaliz, Ly, Black Wolf

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Nouvelle participation au Mois américain, organisé par Titine.

vendredi 5 septembre 2014

MaddAddam - Margaret Atwood




























Titre original : Maddaddam
Traduction (anglais) : Patrick Dusoulier
Pavillons, Robert Laffont, 2013, 2014, 432 pages


La première phrase :

Au commencement, vous viviez dans l'Oeuf.


L'histoire :

Quelque part aux Etats-Unis, dans un futur pas si lointain... La majeure partie de l'humanité a succombé à la maladie, emportée par une redoutable pandémie meurtrière. Les rares survivants s'organisent. Les Maddaddam s'allient aux anciens Jardiniers de Dieu pour lutter contre la menace représentée par les Painballers, un groupe de psychopathes d'une extrême violence, qui arpentent les ruines de ce monde à l'abandon. Toby et Zeb sont les leaders naturels de ce petit groupe déboussolé, qui s'efforce d'assurer tant bien que mal la survie de l'espèce humaine. Ils sont bientôt rejoints par les Crakers, nouvelle race d'hommes génétiquement modifiés au tempérament notoirement pacifique, créée dans le secret de son laboratoire par le génial Crake.


L'opinion de Miss Léo :

Sauf erreur de ma part (et éventuels achats ultérieurs), ceci est l'antépénultième titre de la Rentrée Littéraire que vous verrez chroniqué sur mon blog. J'ai sauté, que dis-je, bondi dessus lorsqu'il m'a été proposé en SP par les éditions Robert Laffont, tout simplement parce que j'avais depuis longtemps envie de relire du Margaret Atwood, dont le Captive figure toujours en bonne position dans mon panthéon personnel.

Difficile de résumer ce roman, dont le synopsis sorti de son contexte semble sans queue ni tête. Maddaddam est le troisième et dernier tome d'une célèbre trilogie d'anticipation, débutée avec Le dernier homme (Oryx and Crake) en 2003, et poursuivie avec Le temps du déluge (The Year of the Flood) en 2009. Les trois tomes adoptent des points de vue différents, mais s'articulent autour des mêmes personnages et événements. Il est possible de les lire indépendamment, mais mieux vaut tout de même jeter un rapide coup d'oeil au résumé des épisodes précédents avant de débuter ce troisième opus, sous peine d'être complètement largué !

Il m'a fallu quelques dizaines de pages pour m'adapter à l'univers étrange créé par la romancière canadienne, dont l'imagination semble sans limite. J'ai toujours eu du mal avec les noms fantaisistes et les mots inventés (c'est l'une des choses qui me pose le plus de problème en SF et Fantasy), aussi ai-je dû lutter pour ne pas sombrer corps et biens au milieu des Lamantin, Pic à Bec Ivoire, ToisondOr, Snowman-le-Jimmy, porcons et autres Oeufs énigmatiques qui peuplent le roman. Je reste d'ailleurs persuadée que cela m'aurait moins gênée en anglais, la traduction sonnant la plupart du temps moins bien que le texte original (je pense par exemple au merveilleux vocabulaire inventé par J.K. Rowling pour Harry Potter, dont le charme s'étiole quelque peu en français). Les premiers chapitres nécessitent par conséquent une petite gymnastique intellectuelle, heureusement récompensée une fois passé le cap des cinquante premières pages.

Univers étrange, mais ô combien passionnant ! Margaret Atwood propulse son lecteur dans une société dystopique crédible, dont les dérives effrayantes (et néanmoins réalistes) nous sont peu à peu révélées. Les manipulations génétiques ont conduit à la création de nouvelles espèces vivantes, et l'on s'efforce de soigner tous les maux de l'être humain, en élevant par exemple des porcons géants (pigoons), hybrides de porcs et d'hommes créés spécifiquement pour servir de donneurs d'organes.  Il est également possible de manger de la viande cultivée en laboratoire, dont on ne sait pas bien quelles peuvent être les conséquences à long terme, mais qui présentent néanmoins l'avantage d'épargner les animaux. Les progrès scientifiques ne doivent cependant pas masquer l'état de délabrement avancé dans lequel se trouve notre planète, surpeuplée et massacrée par l'activité humaine. De nombreuses espèces animales ont disparu, et le réchauffement climatique a fait son oeuvre, ce qui se traduit entre autres par l'abandon progressif de gigantesques métropoles inondées par les eaux. Il ne fait décidément pas bon vivre dans ce nouveau monde, dont le destin réside entre les mains de puissantes corporations obsédées par le profit, et où les citoyens lambda sont relégués dans les plèbezones

C'est dans cette société au bord du chaos et constamment menacée par la cyber-criminalité en plein essor que naît l'organisation des Jardiniers de Dieu, à laquelle appartient notamment Toby : ceux-ci prônent le retour à un mode de vie rural, et se satisfont d'une alimentation végétarienne, incarnant ainsi la dimension écologique du roman, par opposition au culte du pétrole tout-puissant. Ces Adam et Eve modernes représentent finalement la seule alternative crédible, dans un monde voué à la destruction. La pandémie meurtrière sera dès lors envisagée comme un mal nécessaire et salutaire en forme de reboot pour une humanité condamnée, victime de ses erreurs passées. Le contexte post-apocalyptique est particulièrement bien décrit par l'auteur, et les rares survivants mènent une existence plus que rudimentaire dans ce nouvel environnement, tandis que la nature reprend progressivement ses droits. Il leur faut s'adapter à de nouvelles conditions de vie, et se préparer à mener de dangereux combats pour la survie de l'espèce Homo Sapiens. Ils cohabitent notamment avec les Crakers, premiers représentants d'une nouvelle race d'hommes génétiquement modifiés, conçus pour ne pas reproduire les erreurs de leurs violents prédécesseurs. Doux et pacifistes, ils vivent dans l'illusion d'un monde idéal, et vénèrent leur créateur, Crake, personnage ambigu auquel est d'ailleurs consacré le premier tome de la trilogie.

L'intrigue en elle-même n'a pas grande importance, et l'on retiendra surtout de MaddAddam (palindrome !) son sous-texte idéologique, ainsi que son ambiance terriblement originale, qui doit beaucoup à la plume délicieuse de Margaret Atwood. Celle-ci fait preuve d'un humour noir particulièrement adapté au sujet, et se montre également très au fait des progrès scientifiques et médicaux, notamment en ce qui concerne les OGM. La trilogie toute entière repose sur des hypothèses crédibles, ce qui ne la rend que plus glaçante. Tout aussi intéressant est le travail effectué sur le langage et la construction. Le roman se décompose en une succession de courts chapitres percutants aux titres à rallonge, dont j'ai particulièrement apprécié le charme désuet. Le récit alterne présent et passé, les souvenirs de Zeb venant rompre la monotonie de la vie quotidienne des survivants. Ceux-ci sont présentés sous forme d'histoires racontées par Toby aux Crakers, lesquels constituent une sorte de choeur naïf, dont les commentaires et l'enthousiasme semblent relever de la plus élémentaire curiosité enfantine. La romancière adopte parfois un style très oral, dont la vivacité intrigue et séduit, tandis que les chapitres dans lesquels Zeb raconte lui-même à sa compagne son histoire (ainsi que celle de son frère Adam) sont rédigés dans un style beaucoup plus littéraire. Tout le talent de Margaret Atwood est d'arriver à concilier ces différents modes de narration au sein d'un même récit, dont les pièces éparses s'assemblent progressivement pour dévoiler les contours d'un monde en tout point fascinant.

Pour résumer : MaddAddam conclut en beauté une trilogie dense et riche sur l'être humain, terrifiante par bien des aspects, mais néanmoins porteuse d'un message d'espoir à méditer. Je suis tombée sous le charme de dernier tome, et me ferai un plaisir de lire les deux premiers romans. Je suis également très curieuse de savoir ce que donnera la série télévisée inspirée de l'oeuvre, actuellement en cours d'adaptation par HBO et Darren Aronofsky.


Un excellent roman d'anticipation, aux thèmes très actuels. A lire !


Merci à Cécile Ruelle et Maggie Doyle, des éditions Robert Laffont.


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Ce premier pavé de septembre a été chroniqué dans le cadre du Mois Américain.



mercredi 3 septembre 2014

Courtney Crumrin (T.1 à T.3) - Ted Naifeh




























Intégrale des trois premiers tomes.
Traduction : Achille(s)
Akileos, 2006, 400 pages


Tome 1 : Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit (2002)
Tome 2 : Courtney Crumrin et l'Assemblée des Sorciers (2003)
Tome 3 : Courtney Crumrin et le Royaume de l'Ombre (2004)


L'histoire :

La jeune et ténébreuse Courtney Crumrin emménage avec ses parents dans le vieux manoir poussiéreux de son oncle Aloysius, un homme étrange et solitaire à la sinistre réputation. Rejetée par ses camarades de classe, Courtney va cependant s'épanouir en se découvrant de bien mystérieux pouvoirs, qui lui seront également très utiles pour lutter contre les Choses de la Nuit, des créatures monstrueuses vivant tapies dans l'ombre de la forêt.














L'opinion de Miss Léo :

J'ai découvert les aventures de Courtney Crumrin grâce à mon amie Blandine et à son mari, qui m'ont gentiment prêté cette intégrale regroupant les trois premiers tomes d'une série qui en compte désormais six au total. J'ai été séduite par la fraîcheur de cette bande dessinée originale, au scénario drôle et divertissant. Courtney est une héroïne on ne peut plus attachante, qui peine à s'adapter au monde dans lequel elle vit. La découverte de la sorcellerie et du monde parallèle dans lequel évoluent les créatures de la nuit (gobelins, changelings et autres monstres terrifiants) fait figure de révélation pour cette adolescente mal dans sa peau, délaissée par des parents désolants de médiocrité, et méprisée par des camarades de classe obsédés par l'argent et les apparences.

L'intrigue, dans la lignée du Coraline de Neil Gaiman (les deux ouvrages sont parus la même année, et présentent certaines similitudes), joue sur les peurs et les angoisses enfantines, et s'apparente par certains côtés à un Harry Potter en version trash. Courtney a de la répartie, et se montre parfois d'une cruauté sans nom vis à vis des enquiquineurs (pour la bonne cause, cela va de soi). Ses pouvoirs lui permettent d'asseoir sa domination, mais son mal être perce néanmoins sous cette volonté inflexible, guidée par un profond dégoût de l'injustice. Ted Naifeh signe une jolie parabole sur l'adolescence, qui stigmatise également l'existence superficielle des riches familles vivant dans les banlieues cossues américaines. Le cauchemar n'est pas forcément là où l'on imagine (d'où la nécessité d'un exutoire, que Courtney trouvera dans la sorcellerie) !




Les illustrations m'ont beaucoup plu. Le graphisme est simple et agréable, et le noir et blanc m'a semblé parfaitement adapté à l'ambiance du récit. Courtney a une bonne bouille, où pétillent de grands yeux noirs très expressifs, et porte de très burtoniennes chaussettes à rayures (ce qui constitue la preuve incontestable d'un goût certain). Les humains sont aux contraire représentés avec un regard blanc et vide, se démarquant ainsi des sorciers, dont le visage semble beaucoup plus vivant. Les monstres sont quant à eux très laids, et se montrent la plupart du temps d'une mauvaise foi désarmante et particulièrement réjouissante. J'ai pour finir apprécié le soin apporté aux décors sur certaines planches, lesquels contribuent à installer une ambiance étrange et mystérieuse.



Trois autres tomes sont parus chez le même éditeur : j'ai hâte de les lire !


Une BD intelligente et divertissante, au graphisme soigné. A découvrir.


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Livre chroniqué dans le cadre du Mois Américain organisé chez Titine, et nouvelle participation à mon challenge Le mélange des genres, catégorie BD. 








lundi 1 septembre 2014

Le garçon d'à côté - Katrina Kittle
























Titre original : The Kindness of Strangers
Traduction (américain) : Nathalie Barrié
Le Livre de Poche, Phebus, 2005, 571 pages



La première phrase :

Danny se demandait si, en voyant sa famille, les gens savaient. Si c'était visible.


L'histoire :

Oakhaven, Ohio. Sarah Laden vit seule avec ses deux enfants Danny et Nate (respectivement onze et dix-sept ans) depuis la mort prématurée de son mari Roy. La famille panse tant bien que mal ses blessures, et réapprend péniblement à vivre en l'absence du père, sous l'oeil de voisins bienveillants et pleins de sollicitude. Survient alors la tentative de suicide de Jordan Kendrick, ex-meilleur ami de Danny, et fils unique de Courtney Kendrick, partenaire de jogging et confidente de Sarah. Cet acte désespéré étonne et inquiète, mais le pire reste toutefois à venir : la police effectue une perquisition chez les Kendrick, qui se retrouvent accusés de pédophilie. Le choc est énorme, et la nouvelle est accueillie avec incrédulité par les familles du voisinage. Le quotidien des Laden se trouve quant à lui bouleversé par cette terrible révélation.


L'opinion de Miss Léo :

Le ton est donné dès les premières pages : Sarah casse un oeuf pour le petit-déjeuner de ses enfants ; un embryon de poussin sanguinolent tombe dans le bol ; Sarah frémit d'effroi. Une macabre découverte en forme de mauvais présage, annonciatrice du drame à venir.

Le garçon d'à côté, ou comment parler de la pédophilie sans verser dans le sentimentalisme dégoulinant, le voyeurisme malsain ou le racolage abject. Katrina Kittle signe un formidable roman, abordant avec pudeur et sensibilité un sujet pourtant délicat, qui plus est rarement exploré en littérature (du moins à ma connaissance). L'écrivain prend le temps d'installer une atmosphère et un univers familier, peuplé de personnages réalistes et attachants. Les relations humaines sont finement observées, qu'elles soient sincères ou superficielles, apaisées ou conflictuelles, amicales ou amoureuses. Le récit en forme de chronique de moeurs (un genre que j'affectionne particulièrement) décortique la vie des habitants de cette banlieue (a priori) sans histoire du Middle West américain, dont le quotidien banal sera durablement bouleversé par "l'affaire Kendrick". J'y vois avant tout un roman sur la famille, celle-ci n'étant pas toujours le havre de paix espéré, quand elle ne devient pas franchement dysfonctionnelle ! Les Laden connaissent ainsi leurs propres "crises" passagères, lesquelles semblent toutefois bien anodines en comparaison des supplices endurés sous son propre toit par le malheureux Jordan Kendrick.

Le texte est entièrement rédigé à la troisième personne, mais chaque chapitre adopte le point de vue de l'un des protagonistes, faisant ainsi entendre alternativement la voix de Sarah, Danny, Nate et Jordan. Ce choix narratif est intéressant, dans la mesure où celui-ci permet d'appréhender les multiples facettes d'une situation complexe, impliquant de nombreux personnages. La mère de famille, l'enfant, l'ado, la victime : chacun ressent les événements de façon différente, et tous se protègent en élaborant leurs propres mécanismes de défense. Passionnant!

Le découpage est efficace, le style de l'auteur agréable, et le rythme parfaitement adapté à l'histoire, qui prend parfois des allures d'intrigue policière, en raison du doute qui subsiste quand à la culpabilité de Courtney Kendrick (que beaucoup jugent totalement improbable, même si le lecteur n'est pas dupe pour autant). Katrina Kittle maintient tout au long du récit une sourde tension, qui rend le roman difficile à lâcher, malgré la répugnance que nous inspire la situation. La pédophilie est ici envisagée avec justesse et pédagogie, sans pathos ni excès. La romancière, qui a de toute évidence réuni une importante documentation et rencontré quelques "spécialistes" avant d'entamer la rédaction de l'ouvrage, empoigne son sujet à bras le corps, explorant méticuleusement l'impact de l'arrestation des Kendrick ("des gens bien") sur la communauté à laquelle appartient Sarah. Nous assistons au travail de la police et des services sociaux, et découvrons les réactions contrastées des voisins, dont les sentiments vont de la culpabilité au déni en passant par l'indignation. Personne n'a rien vu, rien soupçonné. Comment se fait-il que Jordan n'ait rien dit ?? Les actes des Kendrick soulèvent évidemment de nombreuses questions. Les victimes peuvent-elles se reconstruire et retrouver une vie "normale" ? Existe-t-il un profil type de pédophile ? Quelles sont les réponses apportées par la justice ? Katrina Kittle couvre tous les aspects du problème, avec une rigueur bienvenue.

Le titre original (The Kindness of Strangers) est à mon sens bien meilleur que le titre français, car inspiré d'une réplique de l'une de mes pièces préférées (je réalise d'ailleurs que je ne vous ai encore jamais parlé de Tennessee Williams sur ce blog : impardonnable lacune !). Jordan Kendrick, Blanche Dubois, même combat ? La référence n'est pas anodine, et l'on peut d'ailleurs y voir un double sens : gentillesse (kindness) de la famille Ben (Miss Léo, tu sors !) Laden, prête à recueillir Jordan sous son propre toit pour lui offrir un nouveau départ, mais aussi "gentillesse" des amis pédophiles de Mark et Courtney Kendrick, se livrant à des viols répétés sur un gamin de dix ans.

Pour résumer : Le garçon d'à côté est un roman puissant et plein de vie, jamais plombant, à mille lieues des autofictions larmoyantes et nombrilistes à la française. Le dénouement se veut résolument optimiste et plein d'espoir, sans pour autant occulter la gravité des faits.


Un excellent roman sur un thème difficile. A lire !


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Première participation au Mois américain, organisé par Titine.

jeudi 28 août 2014

Amok / Lettre d'une inconnue - Stefan Zweig



























Titre original : Der Amokläufer / Brief einer Unbekannten / 
Traduction : Alzir Hella et Olivier Bournac
eBook, Le Livre de Poche, 1922, 1991, 78 pages/63 pages/25 pages


Je vais essayer d'être brève, afin de ne pas écrire une critique plus longue que le texte lui-même (chaque nouvelle ne comptant que quelques dizaines de pages). Ce serait bien mon genre...

Les trois récits qui constituent ce recueil appartiennent au cycle Nouvelles d'une passion (Novellen einer Leidenschaft), publié par Stefan Zweig en 1922. Amok et Lettre d'une inconnue sont probablement les nouvelles les plus célèbres et les plus unanimement acclamées de ce très grand écrivain, dont la plume éblouissante nous entraîne avec délices au plus profond des tourments de l'âme humaine. J'avais déjà beaucoup aimé Vierundzwanzig Stunden aus dem Leben einer Frau (je crâne parce que je l'ai lu en allemand !), qui n'atteint cependant pas les sommets de ces deux textes sublimes, à découvrir absolument si comme moi vous avez réussi l'exploit de vivre pendant plus de trente-cinq ans sans avoir lu ces deux petites merveilles. J'en profite d'ailleurs pour remercier mon ami PPNG (il se reconnaîtra), sans lequel j'aurais peut-être attendu encore dix années de plus avant d'ouvrir ce livre merveilleux.


Amok

La première phrase :

Au mois de mars 1912, il se produisit dans le port de Naples, lors du déchargement d'un grand transatlantique, un étrange accident sur lequel les journaux donnèrent des informations abondantes, mais parées de beaucoup de fantaisie.

Mon avis :

Le passager d'un paquebot reçoit sur le pont du navire qui le ramène en Europe la confession fiévreuse d'un inconnu, ancien médecin expatrié en Malaisie. Celui-ci lui conte l'histoire de sa déchéance, provoquée par une passion délirante à l'issue tragique. Amok ou le fou de Malaisie déroule les mécanismes implacables de la folie obsessionnelle, qui renverse tout sur son passage, dans un déferlement de frénésie sanguinaire incontrôlable.

Le récit véhicule un sentiment d'urgence, révélateur de l'état d'esprit du personnage. Stefan Zweig crée une atmosphère étrange et envoûtante, teintée d'un exotisme moite et quelque peu étouffant. La structure du texte implique deux narrateurs, et deux récits imbriqués l'un dans l'autre (un procédé récurrent chez Zweig). Le médecin malais trouvera un apaisement passager dans le soulagement de la confession, mais ne pourra cependant pas se soustraire à son inéluctable destin.

J'ai tout aimé dans cette nouvelle, et je n'ai qu'un seul regret : le texte est trop court !



Lettre d'une inconnue

La première phrase :

R..., le romancier à la mode, rentrait de Vienne de bon matin après une excursion de trois jours dans la montagne.

Mon avis :

J'ai découvert dans la foulée cette deuxième nouvelle, avec laquelle Stefan Zweig touche au sublime. Lettre d'une inconnue nous conte une histoire terrible, et cependant très émouvante. Il s'agit cette fois de la passion dévorante que nourrit une jeune adolescente de treize ans pour son voisin de palier, à mille lieues de se douter des tourments de cette âme enfantine. La petite fille grandit, et sa passion avec elle. Totalement inconscient du drame, l'homme, écrivain à succès et séducteur peu scrupuleux, reçoit un jour une longue lettre, dans laquelle il découvre la confession brûlante et désespérée de cette femme inconnue, victime des affres de l'Amour.

J'ai été transportée par ce récit d'une délicatesse inouïe, dont le ton à la fois sombre et lumineux n'est pas sans générer un certain malaise. Le romancier autrichien fait montre d'un raffinement extrême, et parvient à nous faire ressentir toute la souffrance d'une femme malade d'amour. C'est à la fois très beau et très triste (les auteurs de romances contemporaines feraient bien d'en prendre de la graine).

A noter que je n'ai toujours pas vu l'adaptation réalisée en 1948 par Max Ophüls (Letter from an Unkown Woman), avec la formidable Joan Fontaine dans le rôle de l'inconnue (ce choix me paraît tout à fait adapté au personnage). 



La ruelle au clair de lune 

La première phrase :

Le navire, retardé par la tempête, n'avait pu aborder que très tard le soir, dans le petit port français, et le train de nuit pour l'Allemagne était manqué.

Mon avis :

La troisième nouvelle du recueil traite également d'une passion amoureuse, qui se révèle cette fois particulièrement sordide, et viciée par l'argent. Il s'agit d'un texte moins fort que les deux autres (il est aussi plus court), mais celui-ci n'est pas dépourvu d'intérêt pour autant. Le personnage principal est un négociant allemand, dont le bateau fait escale dans une ville française ; l'homme se retrouve par hasard dans un quartier mal famé, et pousse la porte d'un estaminet peu avenant, où il va faire la rencontre d'un pauvre homme malmené par sa femme. Zweig utilise une nouvelle fois une structure narrative en forme de récits imbriqués, qui présente ici l'avantage de donner deux visions différentes d'un même personnage. La fin est frustrante, mais je ne doute pas qu'il s'agisse là d'une volonté parfaitement consciente de l'auteur !



Pour résumer : un recueil remarquable, qui constitue probablement l'un des sommets de l'oeuvre de Stefan Zweig.


Qu'attendez-vous pour lire (ou relire) ces nouvelles ?? 


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Nouvelle participation à mon challenge Le mélange des genres, catégorie "Recueil de nouvelles".



mercredi 27 août 2014

Le Mois Américain... parce que vous le valez bien !



















Septembre pointe le bout de son nez, et avec lui, la rentrée le Mois Américain, organisé comme chaque année par notre amie Titine, en parallèle du festival América de Vincennes. Les littératures nord-américaines seront mises à l'honneur pendant toute la durée du mois, et j'ai bien l'intention d'apporter ma (maigre) contribution à cet événement majeur et ô combien festif (ne serait-ce que pour avoir le plaisir d'insérer ce sublime logo dans mes billets).

L'une des principales sources d'amusement de ce genre de mois thématiques réside évidemment dans le choix des lectures à venir. J'ai réuni pour l'occasion quelques ouvrages de ma PAL américaine et canadienne. Je ne les lirai sûrement pas tous, mais j'ai déjà programmé quelques billets, et j'espère avoir le temps d'en découvrir un certain nombre (sans oublier ceux qui ne figurent pas dans la liste : un Oates, un Tartt, un Willis, un James, pour ne citer que ceux-là).




























(euh... c'est pas comme si j'avais aussi un vrai travail, et tout un tas d'obligations professionnelles à honorer en septembre...)


N'hésitez pas à vous inscrire chez Titine, ou à rejoindre le groupe Facebook dédié à l'événement. Si vous manquez d'idées de lectures, je vous suggère de jeter un coup d'oeil à la catégorie Littérature américaine de mon blog (qui compte à ce jour une petite cinquantaine de titres).

Let the American Month begin !