mercredi 15 mai 2013

The Great Gatsby - F.Scott Fitzgerald








Lecture commune 
organisée par 
avec 
Shelbylee, Virgule, Lili et bien d'autres










Penguin Books, 1926, 188 pages


Les premières phrases :

In my younger and more vulnerable years my father gave me some advice that I've been turning over in my mind ever since.
"Whenever you feel like criticizing anyone", he told me, "just remember that all the people in this world haven't had the advantages that you've had."
He didn't say any more, but we've always been unusually communicative in a reserved way, and I understood that he meant a great deal more than that. In consequence, I'm inclined to reserve all judgements, a habit that has opened up many curious natures to me and also made me the victim of not a few veteran bores.


L'histoire :

New York, années 20. Nick Carraway travaille dans la finance. Il emménage à West Egg, Long Island, à quelques kilomètres de la somptueuse propriété où résident sa cousine Daisy Buchanan et son mari Tom, un jeune homme antipathique athlétique et fortuné. Nick ne tarde pas à faire la connaissance de son séduisant voisin millionnaire, Jay Gatsby, dont les soirées opulentes et le passé mystérieux attirent une faune chamarrée et hautement sophistiquée, pour ne pas dire superficielle. Mais qui est donc ce fameux Gatsby, que tous fréquentent sans le connaître ?


L'opinion de Miss Léo :

Ce grand classique de la littérature américaine bénéficie depuis quelques semaines d'un brusque regain de popularité, probablement suscité par la sortie imminente du film éponyme, avec Leonardo Di Caprio dans le rôle-titre. J'ai moi-même succombé à la "Gatsby-mania", profitant de la LC organisée par Adalana pour découvrir enfin ce que beaucoup considèrent comme le chef d'oeuvre d'un auteur dont j'appréciais déjà les nouvelles, mais dont je n'avais curieusement jamais lu le moindre roman. De Fitzgerald, je ne connaissais jusqu'ici que deux recueils d'histoires courtes, Histoires de Pat Hobby et Un diamant gros comme le Ritz, qui avaient su me charmer par leur envoûtante extravagance et leur séduisante fluidité narrative.

On ne présente plus ce cher Francis, figure de proue de la célèbre Lost Generation, à l'ouvrage pendant la période de l'entre-deux-guerres. The Great Gatsby est l'un des romans emblématiques de ces fameuses années-folles, les "roaring twenties", comme disent les américains, une période de l'histoire qui m'intéresse évidemment beaucoup, qui me fascine aussi, mais sur laquelle je n'ai curieusement jamais fantasmé. Bien sûr, j'apprécie les robes et les danses de cette époque festive, dont le faste et les excès sont généralement associés à une certaine joie de vivre, mais je ressens depuis toujours une pointe de malaise devant l'insouciance de ces années de débauche et de prohibition, également marquées par le triomphe des gangsters, sans parler des très  nombreuses inégalités sociales que subissait déjà une part non négligeable de la population. L'Amérique des années 20, société violente et (déjà) obnubilée par le fric et les apparences, court à grandes enjambées vers un désastre imminent.

Cela se ressent dans la structure du roman. Les premiers chapitres ne sont que fêtes et beuveries insouciantes, et l'on assiste avec amusement au spectacle désolant de ces riches jeunes gens pleins d'assurance, qui tentent d'échapper à la vacuité d'une existence routinière et superficielle en s'incrustant se faisant inviter aux soirées bien arrosées du fascinant Gatsby. Ceux-ci ne tarderont cependant pas à déchanter, l'intrigue basculant progressivement dans les méandres d'un drame pathétique et sordide, articulé autour du mystère qui nimbe la figure étrangement charismatique du séduisant millionnaire. Ce dernier se révèle curieusement immature et insaisissable, et son immense fortune, jugée douteuse par bon nombre de ses fréquentations, ouvre la porte aux spéculations les plus folles (on lui prête d'ailleurs les passés et les aventures les plus extravagants). On découvre peu à peu que le jeune dandy taciturne poursuit depuis des années un rêve secret, celui de retrouver son amour de jeunesse, mariée depuis à un autre homme. Illusion  chimérique d'un bonheur perdu à jamais, qui le mènera bien sûr à la catastrophe . . . On est frappé par le contraste qui apparaît entre la richesse du bonhomme d'une part, et son extrême solitude d'autre part : Gatsby incarne l'envers du rêve américain, et son destin tristement tragique ne fait que refléter les maux d'un pays déjà bien malade.




Autour du "rôle-titre" gravite une galerie de personnages ambigus, dont Nick Carraway, le narrateur, est le seul qui suscite un tant soit peu la sympathie (il est également le moins riche, tout en étant cependant largement à l'abri du besoin). Les autres protagonistes ne sont pas franchement reluisants, et incarnent chacun à leur manière les travers de la société américaine : inconséquence de Daisy Buchanan, sentiment de supériorité et égoïsme de Tom, odieux avec sa femme comme avec sa maîtresse, orgueil manipulateur de Jordan Baker, championne de golf insouciante et désespérément superficielle. L'argent et la beauté permettent d'accéder à une gloire factice, dont Fitzgerald observe et dissèque les mécanismes avec ironie, à travers le regard distancié d'un narrateur à la fois spectateur et partie prenante des événements. Les apparences sont cependant fragiles, et la façade dorée se craquèle progressivement, sous l'effet de plusieurs facteurs déterminants (que je ne peux bien sûr pas révéler dans mon billet).

Que dire de plus, sinon que j'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ce roman, porté par la formidable plume d'un auteur délicieusement subtil ? Fitzgerald excelle dans l'art de la satire, et il se dégage de ses écrits une sorte de magie irréelle, dont le lecteur ne s'extrait qu'à regret. J'ai été séduite par les derniers développements d'une intrigue à la fois fascinante et originale, qui restitue à merveille l'ambiance si particulière de ces rugissantes et musicales années 20. Le "Old Sport" dont Gatsby gratifie tous les hommes de son entourage m'a fait sourire à plusieurs reprises, et je me suis délectée de la médiocrité de certains personnages. Quelle belle réussite ! Cela me donne terriblement envie de poursuivre ma découverte de l'oeuvre de cet auteur génial.

Epilogue

Vous avez sans doute remarqué la couverture de l'édition que j'ai récupérée chez mes parents, illustrée des (jolis) visages de Robert Redford et Mia Farrow, interprètes de l'adaptation de 1974. Je n'ai pas vu cette version, et je compte bien sûr réparer au plus vite cette anomalie. Je ne suis en revanche pas fan de Baz Luhrmann (non, pas taper !), aussi me méfié-je un peu de ce qu'il pourrait faire de ce genre de livre. . . Je serai bien vite fixée, puisque j'ai malgré tout l'intention d'aller voir cette nouvelle adaptation au cinéma !

Je vous laisse avec Di Caprio et Carey Mulligan (une actrice que j'adore, et que je vois bien dans le rôle de Daisy). See ya, Old Sports !




Du grand Fitzgerald ! Coup de coeur.

Découvrez les billets de mes partenaires de LC chez Adalana.
D'autres avis chez Bianca, Fanny.


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Un roman qui compte pour deux challenges : le challenge Thursday Next, organisé par Mlle Alice, et le challenge des 100 Livres qu'il faut avoir lus, organisé par notre chère Bianca.












samedi 11 mai 2013

La Madone de Pellini - Rivière et Federici




























Scénario : François Rivière
Dessin et couleur : Riccardo Federici
Delcourt, 2010, deux fois 48 pages


Tome 1 : Lamb house
Tome 2 : L'orphelinat de Rosewood


L'histoire :

Londres, 1891. Désireuse d'échapper à l'environnement matérialiste dans lequel elle a été élevée, la jeune Nora de Wing rejoint un Institut d'études psychiques, pour y travailler son don de medium. Elle y fait la connaissance de l'écrivain Henry James et du jeune peintre Francesco Guibilati, dont elle partage le goût  prononcé pour l'indicible et les manifestations paranormales. Elle découvre en leur compagnie les toiles de Giovanni Pellini, maître florentin du XVème siècle, exposées dans une galerie d'art de Grosvenor Square. Fascinée par le portrait d'Antonia, muse du peintre, Nora ne sera jamais plus la même, et verra sa vie bouleversée par une succession d'étranges événements. En proie à de douloureuses hallucinations, elle s'installe à Lamb House, dans la maison de campagne de l'écrivain, où elle retrouve Francesco Guibilati, semble-t-il soucieux du bien-être de la jeune femme.



L'opinion de Miss Léo :

Je n'avais jamais entendu parler de ce dyptique avant de tomber dessus par hasard à la bibliothèque. Je me suis laissée tenter, davantage attirée par la présence de Henry James ou par la référence à un peintre florentin imaginaire (inspiré de Giovanni Bellini ?) que par l'histoire en elle-même, guère enthousiasmante a priori. Les dons médiumniques ne me passionnent guère, et l'intrigue me semblait à vrai dire légèrement tirée par les cheveux. Impression confirmée lors de la lecture du premier tome, mais cela ne m'a pas dérangée outre mesure, et j'y ai finalement trouvé d'autres motifs de satisfaction. 

L'ambiance gothique victorienne est plutôt bien restituée, et il plane sur Lamb House une atmosphère mystérieuse, qui voit certains protagonistes basculer dans la folie, sous l'emprise d'une puissante force maléfique. Les personnages sont bien croqués, les décors convaincants, et les deux volumes se lisent avec intérêt. Il convient d'ailleurs de remercier les auteurs, qui ont eu la bonne idée de se limiter à deux tomes : pas besoin de patienter pour connaître le fin mot de l'histoire ! L'intrigue tient la route, et les dessins sont très beaux (même si je ne suis pas fan des couleurs de certaines planches, en particulier dans le premier tome).





Henry James est ici le témoin de macabres événements surnaturels, dont il s'inspire pour écrire l'une de ses nouvelles. Le mystère tourne autour d'une toile entamée, mais jamais achevée par Pellini, disparue depuis des siècles dans les limbes de l'oubli. Quelle est le rôle joué par Nora ? A qui peut-elle se fier ? Verra-t-on enfin la toile terminée ? Cette histoire d'amour, de jalousie et de réincarnation se révèle au final bien plus passionnante que je ne le pensais au départ, et le suspense va crescendo jusqu'au dénouement, qui apporte une conclusion satisfaisante au récit.





J'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cette bande dessinée, qui ne restera sans doute pas dans les annales comme un chef d'oeuvre impérissable, mais qui ravira les amateurs de peinture et de gothique victorien.

Une belle réussite.

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Une BD que j'inscris au challenge British Mysteries, organisé par Lou et Hilde, ainsi qu'au challenge L'art dans tous ses états, organisé par Shelbylee, sans oublier le challenge victorien d'Arieste !














vendredi 10 mai 2013

Nature morte - Louise Penny




























Titre original : Still Life
Traduction (anglais du Canada) : Michel St-Germain
Babel noir, Actes Sud, 2005, 439 pages




La première phrase :


Mlle Jane Neal se présenta devant Dieu dans la brume matinale du dimanche de Thanksgiving.


L'histoire :

Mais qui a tué Jane Neal ? Le corps de la vieille enseignante retraitée, artiste peintre à ses heures perdues, est retrouvé inanimé dans la forêt, le coeur transpercé par une flèche. Accident de chasse, ou meurtre avec préméditation ? L'inspecteur Armand Gamache et son équipe mènent l'enquête parmi les habitants du charmant village pittoresque de Three Pines, où résidait la victime.


L'opinion de Miss Léo :

J'étais comme toujours très attirée par la couverture intrigante et un peu malsaine de cette nouvelle découverte des éditions Babel Noir / Actes Sud, qu'une amie a eu la gentillesse de m'offrir il y a quelques semaines. J'ai malheureusement été légèrement déçue par ce roman, certes pas désagréable, mais loin d'être aussi exceptionnel que ne le promettaient les nombreux prix reçus par Louise Penny dans les pays anglo-saxons (non que j'accorde une grande importance aux prix littéraires, généralement très surfaits, mais tout de même). 

La quatrième de couverture annonce un "roman plein de charme, de subtilité et d'humour". Soit. Il est vrai que Nature morte dégage un charme désuet de whodunit anglais, la campagne britannique étant ici remplacée par une petite bourgade sylvestre du Québec anglophone. L'intrigue se déroule au sein d'une petite communauté fermée, dont les habitants se connaissent tous, mais où chacun conserve (évidemment) sa part de mystère et de secrets. Nous suivons une quinzaine de personnages, évoluant dans l'ambiance légèrement surannée d'un environnement bucolique automnal. La nature est omniprésente dans le roman, et les promenades en forêt, la chasse, les biches, les parcs et les fleurs font partie du quotidien des habitants de Three Pines, qui n'en demeurent pas moins vulnérables lorsqu'ils se retrouvent confrontés à la noirceur de l'âme de certains de leurs semblables. Le meurtre de Jane Neal fait tomber les masques, et il revient à l'inspecteur de démêler l'écheveau complexe des relations humaines, afin d'identifier le coupable.

On retrouve dans l'intrigue somme toute assez classique concoctée par Louise Penny la plupart des ingrédients traditionnels du genre : histoires d'héritage, adolescents rebelles, rivalités et jalousie entre artistes, solidarité familiale . . . Les passages consacrés au tir à l'arc m'ont amusée, la description de ce sport local, apportant une petite pointe d'originalité au roman. Les personnages sont dans l'ensemble plutôt attachants, et le sympathique inspecteur Armand Gamache insuffle une rafraîchissante touche de légèreté et d'ironie à une intrigue par ailleurs assez convenue. Il y a effectivement de l'humour dans Nature Morte, mais j'ai trouvé que celui-ci devenait parfois un peu lourdingue. Je pense notamment aux interventions de l'agent Yvette Nichol, un personnage ridiculement grotesque et pas du tout crédible : on se demande quelle mouche a piqué l'auteur ! Les autres protagonistes sont heureusement plus intéressants.

Reste que la mayonnaise ne prend pas totalement, malgré d'évidentes qualités. On ne peut pas dire que je me sois ennuyée, puisque je l'ai lu très rapidement, preuve que l'auteur parvient à installer une atmosphère captivante, tout en maintenant un suspense raisonnable. Je n'ai cependant pas été emballée par le dénouement, décevant et totalement tiré par les cheveux. Certains personnages, que je trouvais sympathiques au début du roman, ont fini par me lasser, et mon intérêt a considérablement diminué au cours des cent dernières pages.

Pour résumer, ce fut une lecture plaisante, mais ce premier opus est loin d'être le meilleur titre du catalogue Babel Noir (on est à des années lumière d'un Stieg Larsson, d'un Keigo Higashino, ou même d'un Carlos Salem, pour ne citer que quelques auteurs parmi ceux qui m'ont le plus marquée ces dernières années). Il ne s'agit pas d'une oeuvre inoubliable, du moins en ce qui me concerne. Je ne pense donc pas lire le tome suivant (Sous la glace).


Un roman policier de bonne tenue, qui n'a cependant rien d'original ni d'exceptionnel. A lire éventuellement.


Un immense merci à mon amie Jane (mon avis est mitigé, mais je suis très contente d'avoir pu me faire ma propre opinion sur ce livre, que j'aurais probablement fini par acheter de toute façon).

D'autres avis chez : Lili, Kathel, Lystig


jeudi 9 mai 2013

Du domaine des Murmures - Carole Martinez

Oui oui, c'est bien de la neige !




























Folio, Editions Gallimard, 2011, 226 pages



Les premières phrases :

On gagne le château des Murmures par le nord.
Il faut connaître le pays pour s'engager dans le chemin qui perce la forêt épaisse depuis le pré de la Dame Verte. Cette plaie entre les arbres, des générations d'hommes l'ont entretenue comme feu, coupant les branches à mesure qu'elles repoussaient, luttant sans cesse pour empêcher que la masse des bois ne se refermât.


L'histoire :

1187. La jeune Esclarmonde refuse d'épouser Lothaire de Montfaucon, le rustre prétendant que son père a choisi pour elle. Elle le plante ahuri sur l'autel, devant une assemblée incrédule et scandalisée, et annonce sa volonté de consacrer sa vie à Dieu, en passant le reste de ses jours emmurée dans une petite chapelle, bâtie dans l'enceinte du domaine des Murmures. Une décision dont la toute jeune femme, encore bien naïve et innocente du haut de ses quinze ans, ne mesure évidemment pas toute la portée... Sa réclusion se révélera bien mouvementée, à mille lieues du calme et de l'isolement recherchés. Esclarmonde devient dès lors le témoin de la violence de son siècle, tandis que pèlerins, famille et amis défilent devant les barreaux de sa fenestrelle, pour lui conter leurs malheurs et lui demander conseil. 


L'opinion de Miss Léo :

Tout a déjà été dit sur ce conte médiéval, couronné de nombreux prix, et récompensé en 2011 par le Goncourt des lycéens. Je me méfie toujours un peu de ces romans dont tout le monde parle, mais j'avais tout de même très envie de le lire depuis la critique enthousiaste de ma copine Shelbylee, avec laquelle je ne suis  pas toujours d'accord, mais dont les goûts et les centres d'intérêt sont tout de même relativement proches des miens. J'ai donc choisi ce titre dans la sélection Folio de mars, et je n'ai pas eu à le regretter, la pluie de louanges me paraissant pour une fois totalement justifiée. J'ai découvert un auteur talentueux, dont la plume envoûtante et l'univers singulier rendent particulièrement prenante la lecture de ce Domaine des Murmures, un récit dense et compact que l'on prend plaisir à dévorer d'une traite, confortablement installé entre la couette et l'oreiller.

J'étais pourtant sceptique. L'histoire d'une recluse ayant choisi de se couper du monde pour vivre avec Dieu ? Mouais . . . Typiquement le genre de personnage auquel je n'adhère pas, et dont je ne parviens pas à comprendre les motivations. J'ai cependant pressenti dès les premières pages que le récit se parerait d'une dimension  supplémentaire, et j'ai par conséquent décidé de laisser sa chance à la pauvre Esclarmonde, héroïne résolument volontaire et maîtresse de son destin (du moins en est-elle persuadée lorsqu'elle décide à quinze ans de se retirer du monde). Le roman de Carole Martinez va effectivement bien au-delà des archétypes habituels, et se révèle extrêmement riche, en particulier dans sa description d'un Moyen-Age complexe et tourmenté, ici restitué ici dans toute sa violence. La religion, omniprésente, semble justifier tous les actes, au nom d'une foi souvent douteuse. J'ai aimé la façon dont l'auteur nous présente les Croisades, envisagées sous un aspect bien peu reluisant, sans jamais chercher à glorifier cette armée moribonde et peuplée de cadavres faméliques. Si les plus riches s'en remettent à Dieu, les paysans voient quant à eux leur imaginaire nourri de mythes et de superstitions, et les croyances occultes conservent un poids considérable, allant jusqu'à infléchir le cours des événements.

Le roman se déroule dans un cadre médiéval plutôt réaliste, mais prend par ailleurs les apparences d'un conte initiatique, où la cruauté le dispute à l'émotion, dans un environnement qui plus est résolument onirique et hanté par de sinistres fantômes. On y croise quelques figures touchantes et/ou pathétiques, comme cet enfant aux paumes trouées (stigmates, ou cicatrices d'un acte de violence humaine ?), ce père au bord de la folie, qui tente de se crucifier à sa tête de lit pour expier ses péchés, ou encore cette servante gironde aux cheveux verts, avide de plaisirs charnels, qui apparaît comme l'un des rares êtres sensés du domaine des Murmures. Le récit est porté par la voix d'Esclarmonde, omnisciente, qui jette un regard éclairé sur les événements qu'elle relate. L'évolution du personnage est intéressante. La jeune fille renonce sciemment à une existence terrestre dont elle ne connaît rien, compte-tenu de son jeune âge. Son emmurement est envisagé comme une première mort, qu'elle accepte bien volontiers, dans la mesure où celle-ci lui permet paradoxalement d'accéder à une certaine forme de liberté (triste condition féminine). Persuadée d'avoir fait le bon choix (choix illusoire ?), elle va cependant vite déchanter, ébranlée par une succession d'expériences inattendues : Esclarmonde n'est pas une sainte, et sera rattrapée par son humanité.

Il ne me parait pas utile de m'étendre davantage : le roman est court, superbement bien écrit, et mérite d'être découvert sans a priori, d'autant plus que le récit réserve de nombreuses surprises, qu'il serait dommage de révéler ici. Je vous encourage donc à vous procurer au plus vite ce très joli texte, d'autant plus que celui-ci existe désormais en édition de poche. Merci à Lise et aux éditions Folio de m'avoir permis de le découvrir dès sa parution !


Un très chouette roman historique, à l'ambiance étrangement poétique, qui vous procurera un excellent moment de lecture.


D'autres avis chez : Lou, Stephie, Lilly, Shelbylee

Carole Martinez fut il y a quelques années l'auteur d'un premier roman, Le coeur cousu, lui même auréolé de succès. Le thème m'attire moins, mais j'ai bien envie de le lire quand même.




mardi 7 mai 2013

Triple Liebster Award !












La saison des tags bat son plein. George, Philisine Cave et Blablaya m'ont toutes trois décerné un Liebster Award. Merci les filles ! Me voici donc dans "l'obligation" de répondre aux 33 questions posées par mes généreuses bienfaitrices. Et en plus, je dois raconter onze faits ou anecdotes me concernant. 

Envie de révélations inintéressantes croustillantes ??

C'est parti !


Onze anecdotes sur Miss Léo

1- J'aime le ski, la neige et la montagne. Je donnerais n'importe quoi pour y aller plus d'une semaine par an !

Miss Léo à Val Thorens
Mai 2013
























2- J'aime aussi la raclette, mais j'ai réussi à m'écoeurer moi-même vendredi dernier au restaurant (après une semaine d'apéros à base de saucisson, beaufort et tomme de savoie).

3- J'éprouve le plus profond mépris pour les énergumènes en snowboard, qui détruisent dament les pistes en les descendant sur les fesses en dérapage, et coupent systématiquement la trajectoire de ces nobles et élégants sportifs que sont les skieurs.

4- J'ai pratiqué une fois le saut à l'élastique. Rien à voir, mais je sautais déjà à l'élastique à l'école primaire !

Miss Léo dans sa période Lara Croft
(c'était il y a longtemps)
























5- Je n'aime ni les romances ni la chick-lit, qui m'ennuient et ne me font pas du tout rêver.

6- Je suis à moitié belge, et j'en suis fière (bien que je n'aie jamais vécu outre-quiévrain).

7- Ma première voiture était une Twingo orange.

8- Je rêve d'être rousse (comme Dana Scully ou Kate Winslet), mais je n'ose pas essayer. 

9- Je suis (très) chatouilleuse.

10- A cinq ans, j'étais amoureuse de Robin des Bois (version Walt Disney), et je rêvais d'être Esteban (pour piloter le Grand Condor).

11- Je suis fan de F.R.I.E.N.D.S., dont je connais les dix saisons par coeur.  



Les onze questions de Philisine Cave

1- Si tu étais un mot ?   

Bazinga ! (j'ai oublié de préciser que j'étais également fan de Sheldon Cooper)


2- Si tu étais un événement ?

La sortie du septième et dernier tome de la série Harry Potter, la veille de mon anniversaire.


3- Si tu étais une couleur ?

Le rouge. Ou le bleu. Difficile de choisir . . .


4- Si tu étais une fleur ?

Une fleur de frangipanier.

Frangipanier de Madère












5- Si tu étais un mensonge ?

Celui de Madame De / Danielle Darrieux dans le film de Max Ophüls : "Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas."


6- Si tu étais un pays

L'Islande.


7- Si tu étais une idée ?

Le tableau périodique de Mendeleïev, qui lui permit de postuler l'existence d'éléments encore inconnus, finalement découverts quelques années plus tard.


8- Si tu étais un texte ?

"- I love you !
- I know !"

Tadaaaaaaaa tadadadaaaaaaaaaaaa . . . tadaaaaaatadadadaaaaadaaaaaaaaaaaaa . . .
(vous avez tous reconnu la B.O., signée John Williams, qui est encore plus jolie quand c'est moi qui la chante)

Source : The Empire Strikes Back


9 - Si tu étais un objet

Un mug ! Je n'en ai pas autant que je voudrais, mes placards n'étant malheureusement pas extensibles.


10- Qui t'a donné l'envie de bloguer ?

Personne en particulier. L'envie d'ouvrir un blog littéraire m'a prise de façon soudaine et spontanée. 


11- Quelle empreinte veux-tu laisser ?

Celle de mes Quikeurs ?




Les Onze questions de George

1- Au volant, tu es calme ou te transformes-tu en Cruella ?

Hum . . . J'ai appris à conduire à Lyon, et je me suis très vite adaptée au style local. Plutôt Cruella, donc ! Je m'énerve vite, et je suis sans pitié.


2- Un grand moment de solitude ! Tu racontes ?

Honnêtement, je ne vois pas. A part des trucs pas intéressants du tout, et franchement anodins.


3- Ta prochaine lecture ?

Ben justement, je n'arrive pas à choisir ! 

The Great Gatsby (pour la LC du 15) ? Sense and sensibility (pour la LC du 10, dont j'ai d'ores et déjà décidé qu'elle serait facultative) ? Sans parler du chien, de Connie Willis ? La cage aux lézards, de Karen Connelly ? La guerre éternelle, de Joe Haldeman (un roman de SF) ? La femme en vert, d'Arnalur Indridason ? Miss Mackenzie (pour la LC victorienne d'Arieste) ?

Aaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh !!!!!!!


4- Quand tu tiens la porte et qu’on passe devant toi sans rien te dire, tu réagis ? ça t’énerve ou tu laisses courir ?

Ca me rend dingue, et je suis tentée de lâcher la porte sur le malotru. En général, il est déjà trop tard, et j'en conçois un immense sentiment de frustration. 


5- Ta chanson préférée ? Pourquoi ?

Impossible d'en choisir une seule ! J'ai des goûts très éclectiques, mais ce sont surtout des chansons de comédies musicales qui me viennent à l'esprit, en particulier celles de Jacques Demy et Michel Legrand (je peux chanter Les Parapluies de Cherbourg de A jusqu'à Z).


6- Le film qui te fait immanquablement pleurer.

Il y en a beaucoup . . .

Disons E.T. (scène horrible avec le défibrillateur, la fleur qui se fane et Drew Barrymore en pleurs). J'ai également été marquée à vie par la scène de la mort du cheval d'Atreyu dans L'histoire sans fin  !

Je ne suis pas trop fleur bleue, même s'il m'arrive aussi souvent de pleurer devant des comédies (ou des drames) romantiques.


7- Jusqu’à présent quelle période de ta vie as-tu préférée ? et pourquoi ?

Je suis très satisfaite de ma vie actuelle, qui m'apporte tout ce dont j'ai besoin : un amoureux que j'aime et qui m'aime, une relative aisance matérielle, une santé de fer, des parents retraités en bonne condition physique et intellectuelle, un métier que j'apprécie, très prenant, mais qui me laisse du temps pour m'adonner à mes loisirs favoris, comme la lecture, l'escrime ou les voyages. Que demander de plus ??


8- Ton blog c’est : à la vie à la mort ? mon meilleur ennemi ? ou autre chose !

Intéressante question, à laquelle il m'est bien difficile de répondre de façon succincte. J'aime mon blog, que j'ai envie de bichonner et d'entretenir, mais il s'agit d'une activité hautement chronophage, à laquelle je ne peux malheureusement accorder toute l'énergie nécessaire. J'essaye donc de faire en sorte que cela reste un plaisir, et ne devienne pas une contrainte. Si j'ai le temps d'écrire : tant mieux. Sinon : tant pis. Je ne considérerais pas non plus comme un drame le fait de devoir renoncer à une lecture commune par manque de temps ou d'envie.


9- Ton dessert préféré.

Le moelleux au chocolat de mon magasin de surgelés préféré ! Et aussi le flan à la noix de coco de ma maman (la noix de coco forme une couche indépendante, qui se sépare du flan lors de la cuisson). Je suis assez gourmande, et j'apprécie les tiramisu, les cheesecakes, la tarte au sucre, bref, tous les desserts un peu caloriques et bourratifs. Mais j'aime aussi la tarte aux pommes toute simple, avec juste des pommes et de la pâte.


10- Ton livre ou ton film doudou ? celui que tu relis ou te repasses encore et encore.

Cela ne surprendra personne si je réponds Gone with Wind !

Parmi les films, il y a aussi Les demoiselles de Rochefort, The Shop around the Corner, Chambre avec Vue,  L'empire contre-attaque et plusieurs Tim Burton.


11- Si on te dit George, tu réponds quoi ?

What else ?!

Mais non, je te taquine : je réponds "Sand", bien sûr !



Les onze questions de Blablaya

1- As-tu un animal de compagnie

Oui, une petite chatte, dont j'ai déjà posté plusieurs photos sur le blog.

Un chat se cache sous ce clavier d'ordinateur.
Sauras-tu le retrouver ?















2- Quel est le dernier livre que tu as lu

Nature morte, de Louise Penny. Un policier pas désagréable, sans être exceptionnel (billet à venir).


3- Pratiques-tu une activité sportive ou artistique

L'escrime ! Je m'entraîne moins qu'avant, mais cela reste mon activité de prédilection.


4- Quelle est ta fleur préférée

Pas de fleur préférée, mais j'ai déjà cité une fleur que j'aime bien plus haut dans ce billet.


5- Plutôt VO ou VF ? 

VO, sans hésitation !


6- Es-tu collectionneuse ?

Pas spécialement. Je n'ai pas la place de collectionner autre chose que des livres. Je collectionnais les fèves quand j'étais petite, mais je me suis bien vite débarrassée de ces horribles nids à poussière.


7- Que ferais-tu en premier si tu gagnais au loto

J'investirais dans l'immobilier, pour moi et pour ma famille. Je me payerais aussi des vacances au ski  pendant plusieurs années (à Avoriaz, Val Thorens ou ailleurs) !


8- Quel est ton rêve le plus fou

Arriver à lire la totalité de ma PAL (ce qui ne me semble pas plus réaliste que de devenir un jour championne olympique d'épée).


9- Que t’apporte ton blog au quotidien

Des échanges enrichissants, mais aussi un véritable plaisir personnel, totalement égoïste.


10- Quelle est ta recette fétiche et inratable

La quiche lorraine ! J'ai aussi quelques spécialités turques à mon actif (inratable et succulent).


11- Comment te vois-tu dans 10 ans ?

Comme maintenant ! Avec peut-être des enfants.




Ouf, c'est terminé ! Je félicite les quelques irréductibles qui auront réussi à me lire jusqu'au bout. Je ne tague personne, ce Liebster Award ayant déjà pas mal circulé sur les blogs (toutes les bonnes choses ont une fin).



lundi 6 mai 2013

La double vie de Vermeer - Luigi Guarnieri






















Titre original : La Doppia vita di Vermeer
Traduction (italien) : Marguerite Pozzoli
Babel, Actes Sud, 2004, 228 pages


Les premières phrases :

A la fin du mois de mai 1945, à Amsterdam, deux officiers du Service de sécurité néerlandais se présentèrent à la porte d'une grande demeure aristocratique sur le Keizersgracht. A vrai dire, ils s'attendaient à ce que la rencontre avec le personnage irascible, excentrique et réservé qui habitait là - un peintre, également très connu comme collectionneur et apparemment très estimé des voisins - ne soit rien d'autre qu'une simple formalité, voire même une regrettable perte de temps.


L'histoire :
(et hop, pillons allègrement la quatrième de couverture !)

Voici l'incroyable et véridique histoire de Han Van Meegeren, peintre traditionaliste né aux Pays-Bas en 1889, qui, éreinté par les critiques de son époque, décida de se venger de manière grandiose : il réalisa plusieurs faux Vermeer dont certains furent considérés par la presse comme des chefs-d'oeuvre du maître de Delft. Ce n'est qu'en 1945 que la supercherie fut découverte, quand la police saisit la collection de Goering, et que Van Meegeren fut accusé de haute trahison pour avoir vendu un Vermeer à ce maréchal du Reich nazi. S'ensuivit un procès mémorable, qui vit défiler responsables de musée, critiques d'art et experts de renom...


L'opinion de Miss Léo :


J'ai depuis longtemps appris à faire confiance à la collection Babel d'Actes Sud, dont le foisonnant catalogue constitue pour moi un vivier inépuisable de belles découvertes. Ce premier roman de l'italien Luigi Guarnieri ne déroge pas à la règle, et je me demande bien pourquoi je ne l'ai pas sorti plus tôt de ma PAL, dans laquelle il végétait depuis environ un an.

L'auteur transalpin nous propose un étonnant récit à caractère documentaire, inspiré d'une histoire vraie, très technique par certains aspects, que l'on dévore pourtant comme un captivant roman à suspense. La trame de l'intrigue repose sur la personnalité atypique et hors du commun de Han Van Meegeren, artiste raté mais sûr de son talent, ruminant sa pathétique géniale vengeance machiavélique dans l'anonymat de son atelier, lequel s'apparente ici davantage à l'antre d'un sorcier ! Van Meegeren est un peu le Gargamel du monde de la peinture, et pourrait reprendre à son compte cette célèbre litanie : "Je me vengerai, et ma vengeance sera terrible !" (je ne sais pas pourquoi je pense à ça tout d'un coup).


Van Meegeren (euh, pardon, Gargamel) dans son atelier
Copyright : Peyo - Editions Dupuis
Source : Chatsetchiensdubled




















Luigi Guarnieri aborde le sujet avec une réjouissante ironie, et l'on sourit fréquemment devant la fourberie de Van Meegeren, individu brillant mais socialement inadapté, comme l'on s'amuse d'ailleurs de l'incompétence des critiques d'art et des acheteurs potentiels, pris de folie à l'annonce de la découverte d'un possible chef d'oeuvre. La médiocrité semble être le corollaire du génie ! La double vie de Vermeer est un roman très intéressant sur le monde de la peinture et de l'art en général,  thème abordé sous un angle plutôt original, puisque il nous est ici offert de découvrir les exigences du "travail" de faussaire. J'ai beaucoup apprécié l'aspect "technique" du récit, qui envisage la peinture d'un point de vue chimique et artisanal. Van Meegeren crée un faux Vermeer, et doit pour cela résoudre ou contourner un certain nombre de difficultés, d'ordre purement matériel ou conceptuel (il ne doute en revanche jamais de son talent, ni de sa capacité à égaler l'oeuvre du maître de Delft).

Afin de berner les critiques, il lui faut réaliser une toile irréprochable, tant dans sa composition que dans le choix des matériaux utilisés. C'est un défi peu commun que relève Van Meegeren, à savoir créer de toutes pièces un chef d'oeuvre du XVIIème siècle ! Se posent alors un certain nombre de questions. Quels étaient les pigments utilisés par Vermeer ? Sur quel support le faux doit-il être réalisé ? Faut-il signer le tableau ? Et surtout, comment donner à cette peinture à peine sortie de l'atelier un aspect vieilli, en y faisant apparaître artificiellement les craquelures et le voile de poussière caractéristiques des oeuvres anciennes ? Tout cela donne lieu à de passionnantes descriptions très détaillées, évoquant également les techniques de restauration et "d'effacement" d'une oeuvre (en particulier lorsque plusieurs couches successives ont été apposées sur le même support). On sent que l'auteur s'est considérablement documenté, et a étudié de près la technique des grands maîtres néerlandais.

Van Meegeren triomphe de toutes ces embûches, et livre un premier chef d'oeuvre, le Christ à Emmaüs, que la plupart des critiques sûrs de leur fait, Abraham Bredius en tête, attribuent sans hésiter à Vermeer, bien que le thème du tableau semble quelque peu atypique dans la carrière du peintre ! Les musées se l'arrachent, et la toile se vend à un prix exorbitant. Première étape de l'ascension sociale du faussaire, qui devient riche, et réalisera par la suite d'autres faux, gagnant ainsi des sommes considérables. Anecdote : Van Meegeren, qui dissimule son argent liquide dans les moindres recoins de sa maison, se verra obligé de restituer des centaines de petites coupures à l'Etat néerlandais lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Allez savoir pourquoi, cela m'a irrésistiblement fait penser à Claude Guéant ! Fin de l'anecdote.


Christ à Emmaüs (Van Meegeren, 1937)





















L'auteur soulève d'intéressantes questions, qui stimulent la curiosité du lecteur, et appellent à la réflexion. Qu'est-ce qui fait la qualité d'une peinture, et plus généralement d'une oeuvre d'art ? Un tableau n'est-il un chef d'oeuvre que parce qu'il est unanimement reconnu comme tel par les "spécialistes" ? La différence semble parfois mince entre une vieille croûte sans valeur et un tableau de maître, ce qui n'empêche pas les acheteurs de débourser des sommes ridiculement élevées (pour ne pas dire indécentes) pour acquérir l'oeuvre de tel ou tel artiste célébré par les critiques. On paye pour le nom du peintre, plutôt que pour la qualité intrinsèque du tableau, ou pour les sentiments qu'il procure. Vanité, quand tu nous tiens !

Si tout cela est passionnant dans le fond, on peut en revanche regretter quelques imperfections dans la forme. Le style est fluide et agréable, les événements habilement restitués, mais j'ai tout de même été gênée par quelques redondances, ainsi que par les nombreuses énumérations émaillant certains passages du récit, qui se transforme parfois en catalogue des oeuvres de Vermeer. Il ne s'agit toutefois que d'un bémol mineur, puisque Luigi Guarnieri parvient constamment à raviver l'intérêt de son lecteur, en alternant les personnages et les époques. La double vie de Vermeer est également un roman à caractère biographique, qui s'intéresse non seulement à la vie du duo Van Meegeren / Vermeer, mais nous invite aussi par la même occasion à découvrir certains aspects de l'existence haute en couleurs de personnalités aussi marquantes que Marcel Proust ou Hermann Goering, qui furent tous deux fascinés et influencés par l'oeuvre de l'auteur de la Vue de Delft (tableau devant lequel meurt Bergotte, l'un des protagonistes de A la recherche du temps perdu).

Vue de Delft  (Johannes Vermeer, 1660)
Mauritshuis




















Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce roman original et fort instructif, qui me donne surtout envie de me rendre au Rijksmuseum d'Amsterdam, pour y admirer les chefs d'oeuvre de Vermeer, peintre oublié et méconnu en son temps, puis célébré dans le monde entier après sa redécouverte au XIXème siècle.


Un excellent roman, basé sur des faits réels. A lire si vous aimez la peinture !


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Nouvelle participation au  challenge L'art dans tous ses états, organisé par ma copine Shelbylee.


Nouvelle étape de mon Tour du monde, pour le challenge Myself de Miss Romanza.

Nouvelle contribution au challenge Voisins, voisines de notre amie Anne.





lundi 29 avril 2013

100 livres pour un challenge...




















Il y a quelques semaines, Bianca nous proposait de participer à un sondage, afin d'établir la liste (forcément subjective) des cent livres à avoir lus au moins une fois dans sa vie. Cette belle initiative débouche aujourd'hui sur un formidable challenge, consistant à lire un maximum d'ouvrages figurant dans la liste définitive (voir ci-dessous), comportant un sacré paquet de bons livres (mais pas que).

Cette idée ne pouvait que séduire la maniaque des listes que je suis. C'est donc avec grand plaisir (et une toute petite minuscule pointe d'excitation frénétique) que je me suis inscrite au challenge organisé par notre amie Bianca. Pas de panique : celui-ci est entièrement libre ! Pas de catégories, pas de délai, aucune obligation, si ce n'est celle de partager ses billets. Il s'agit davantage d'un défi collectif, l'objectif étant que l'ensemble des participants unissent leurs forces pour lire et chroniquer l'ensemble des titres de la liste.

Vous vous en doutez, j'ai fait mes propres statistiques. J'ai donc lu 40 romans de cette liste, dont cinq seulement ont été chroniqués sur mon blog. J'en ai par ailleurs 21 dans ma PAL (certains depuis depuis des temps immémoriaux), et  20 autres me tentent beaucoup. Chic alors ! Me voici parée pour le challenge.


Envie de nous rejoindre ? Envie de diminuer votre PAL de classiques ?
Rendez-vous chez Bianca !


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Livres déjà lus

* Livres que j'aurais envie de relire pour les chroniquer

Livres figurant déjà dans ma PAL

Livres figurant dans ma LAL (aka whish-list)

* A lire en priorité

Livres que je ne lirai sûrement pas
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1984, George Orwell

A la croisée des mondes, Philip Pullman


Agnès Grey, Anne Brontë 

Alice au Pays des merveilles, Lewis Carroll

Angélique marquise des anges, Anne Golon

Anna Karenine, Léon Tolstoï 

A Rebours, Joris-Karl Huysmans

Au bonheur des dames, Émile Zola *  (lu au moins cinq fois)

Avec vue sur l’Arno, E.M Forster *

Autant en emporte le vent, Margaret Mitchell *   (lu au moins cinq fois)

Barry Lyndon, William Makepeace Thackeray

Belle du Seigneur, Albert Cohen

Blonde, Joyce Carol Oates 


Bonjour tristesse, Françoise Sagan


Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Marquez

Charlie et la chocolaterie, Roald Dahl

Chéri, Colette

Crime et Châtiment, Féodor Dostoïevski 

De grandes espérances, Charles Dickens


Des fleurs pour Algernon, Daniel Keyes

Des souris et des hommes, John Steinbeck

Dix petits nègres, Agatha Christie

Docteur Jekyll et Mister Hyde, Robert Louis Stevenson *

Don Quichotte, Miguel Cervantès

Dracula, Bram Stocker

Du côté de chez Swann, Marcel Proust

Dune, Frank Herbert

Fahrenheit 451, Ray Bradbury 

Fondation, Isaac Asimov

Frankenstein, Mary Shelley

Gatsby le magnifique, Francis Scott Fitzgerald    (prévu pour le 15 mai)

Harry Potter à l’école des sorciers, J.K Rowling

Home, Toni Morrison

Jane Eyre, Charlotte Brontë

Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

L’adieu aux armes, Ernest Hemingway

L’affaire Jane Eyre, Jasper Fforde
(je me demande bien ce qu'il fait dans cette liste...)

L’appel de la forêt, Jack London

L’attrape-cœur, J. D. Salinger

L’écume des jours, Boris Vian *

L’étranger, Albert Camus

L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera

La condition humaine, André Malraux

La dame aux camélias, Alexandre Dumas Fils

La dame en blanc, Wilkie Collins

La gloire de mon père, Marcel Pagnol

La ligne verte, Stephen King

La nuit des temps, René Barjavel

La Princesse de Clèves, Mme de La Fayette

La Route, Cormac McCarthy

Le chien des Baskerville, Arthur Conan Doyle 

Le cœur cousu, Carole Martinez

Le comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas 

Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo

Le fantôme de l’opéra, Gaston Leroux

Le lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna

Le maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov 

Le meilleur des mondes, Aldous Huxley

Le nom de la rose, Umberto Eco

Le parfum, Patrick Süskind

Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde 

Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupery


Le père Goriot, Honoré de Balzac

Le prophète, Khalil Gibran

Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel

Le rouge et le noir, Stendhal

Le Seigneur des anneaux, J.R Tolkien

Le temps de l’innocence, Edith Wharton *

Le vieux qui lisait des romans d’amour, Luis Sepulveda

Les Chroniques de Narnia, CS Lewis

Les Hauts de Hurle-Vent, Emily Brontë *

Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos

Les Malaussène, Daniel Pennac


Les mémoires d’une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

Les mystères d’Udolfo, Ann Radcliffe

Les piliers de la Terre, Ken Follett

Les quatre filles du Docteur March, Louisa May Alcott

Les racines du ciel, Romain Gary

Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig 

Madame Bovary, Gustave Flaubert

Millenium, Larson Stieg


Miss Charity, Marie-Aude Murail 

Mrs Dalloway, Virginia Woolf

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

Nord et Sud, Elisabeth Gaskell

Orgueil et Préjugés, Jane Austen


Pastorale américaine, Philip Roth 

Peter Pan, James Matthew Barrie

Pilgrim, Timothy Findley

Rebecca, Daphne Du Maurier *

Robinson Crusoé, Daniel Defoe

Rouge Brésil, Jean Christophe Ruffin

Sa majesté des mouches, William Goldwin

Tess d’Uberville, Thomas Hardy 

Tous les matins du monde, Pascal Quignard

Un roi sans divertissement, Jean Giono

Une prière pour Owen, John Irving

Une Vie, Guy de Maupassant

Vent d’est, vent d’ouest, Pearl Buck

Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline


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Quelle jolie liste, pleine de couleurs ! Je suis au bord de l'extase. Ne reste plus qu'à lire . . . 


P.S. A l'heure où vous découvrirez ce billet, je serai probablement en train de dévaler à toute allure les pistes de Val Thorens. On se retrouve à mon retour !